Chapitre 4

L'enseignement à distance en Italie

Luciano Cecconi et Luca Piria

Introduction

EAD dans les universités italiennes

EAD dans le domaine de la formation professionnelle en Italie


Introduction

L'enseignement à distance (EAD) a connu en Italie un succès très limité, tout spécialement quand on compare ce succès à celui connu dans les autres pays de l'Union Européenne. Dans les quelques dernières décennies, aucune politique n'a été adoptée dans le but de développer des systèmes d'EAD, à l'inverse, par exemple du Royaume-Uni. Dans ce pays , une politique active pour encourager l'EAD apparaît à la fin des années 60. Aucune université, gérant tous ses cours exclusivement à distance, n'existe en Italie, alors que c'est le cas en Espagne à l'U.N.E.D. (Universidad Nacional de Educaion a Distancia) ou au Portugal à l'Université Alberta. De plus, les universités qui offrent de l'EAD en plus des cours traditionnels, sont très peu nombreuses. Il y a cependant actuellement des mouvements parmi les responsables de l'EAD. Par exemple, les trois universités de Rome sont actives dans ce domaine. C'est aussi le cas du Consorzio Net.t.uno (NETwork Teledidatticao Universita Ovunque), un consortium réunissant 24 universités et 5 industries.

Dans le domaine de l'entreprise et de la formation professionnelle, les cours de haut niveau sont rares et presque tous spécialisés dans le domaine de la formation pédagogique. L'absence d'une politique nationale concernant l'EAD se répercute aussi au niveau local. En Italie, les différentes régions sont chargées des cours de formation professionnelle et ont commencé, très récemment, à faire face à la problématique de l'EAD, aussi bien en établissant des stratégies de développement qu'en déterminant des normes dans ce domaine.

Les paragraphes qui suivent décrivent en détail les expériences les plus significatives menées dans les universités italiennes, dans le secteur des entreprises et au niveau professionnel.

EAD dans les universités italiennes

Dans les universités italiennes, il existe différents secteurs qui utilisent l'EAD :

1. les cours de licence entièrement donnés en EAD (C.U.D., Consorzio Net.t.un.o).

2. les cours spécialisés de troisième cyclle donnés en EAD (Universita degli Studi di Roma &laqno; Tor Vergata », Universita degli Studi di Roma Tre, Universita degli Studi di Ferrara, Universita degli Studi di Firenze, For. Com.).

3. des parties de cours données à distance, à l'intérieur de la structure conventionnelle des cours de licence, et donc réalisées selon les systèmes conventionnels (par exemple, Universita degli Studi di Milano en collaboration avec CTU).

Les exemples cités ici sont peu nombreux. En Italie, il y a encore beaucoup de travail à faire dans ce domaine. Cependant, bien que la demande en EAD soit, en Italie, à un état embryonnaire et que l'offre de cours soit limitée, les institutions des secteurs public et privé manifestent un intérêt croissant pour ce domaine. A partir de là, des lois relatives à l'éducation, votées dans les années 80, ont préparé le chemin pour créer un engagement plus visible de la part des universités, aussi bien dans le secteur de la mise à jour de la formation professionnelle (les cours spécialisés post-universitaires peuvent être vus dans ce sens) que dans le secteur de l'EAD.

Dans les paragraphes suivants, nous analyserons brièvement l'expérience italienne dans les trois secteurs mentionnés ci-dessus.

 

Consortiums universitaires

Les articles 91, 92 et 93 de la D.P.R. 382/80 autorisent les universités italiennes à se grouper en consortium et à expérimenter les solutions alternatives en ce qui concerne les méthodes éducatives. C'est la raison pour laquelle la première expérience italienne dans le domaine de l'EAD fut développée au niveau universitaire. Ensuite, avec la loi universitaire didactique n° 142 du 19 novembre 1990, une structure d'EAD plus spécifique fut constituée pour les universités. Cette loi, qui régit le premier niveau de la licence, prévoit aussi l'EAD au sein des structures didactiques propres à l'université. Actuellement, il y a deux consortiums universitaires, le CUD, et le Conzorzio Net.t.un.o..

Le CUD, fondé en 1984, est le premier consortium inter-universitaire développé à partir du D.P.R. 382/80. Les universités qui y ont adhéré sont l'Université de Calabre, l'Université &laqno; La Sapienza » de Sienne et l'Université de Trente. En plus de ces universités, un certain nombre de partenaires privés a choisi de rejoindre le consortium : CRAI (Consorzio per la Ricerca e le Applicazioni di Informatica), Olivetti, Confindustria (Association des industriels italiens), IBM, RAI, TELECOM (SIP) et Telespazio.

La formation CUD couvre les cours universitaires du premier niveau, en particulier en &laqno; Ingénierie informatique et automatique ». D'autres domaines en bénéficient aussi : l'économie, qui remplace les deux premières années de &laqno; Economie et Commerce » et la pédagogie, pour la mise à jour des professeurs de l'enseignement secondaire.

Le modèle organisationnel qui a été adopté est essentiellement centralisé même s'il prévoit la présence de centres d'étude disséminés dans le pays (environ 16). Le chef de bureau conserve la responsabilité pour le planning didactique et pour le choix du matériel. Ceci, ajouté à l'absence d'une culture positive envers l'EAD et, de manière plus générale, la crainte vis à vis de méthodes d'enseignement qui sont différentes de l'organisation académique traditionnelle, a limité le potentiel du CUD. Au fil du temps, le CUD est passé par plusieurs crises. Dans le courant des prochaines années, il est prévu que le consortium s'arrête de fonctionner. Actuellement seulement deux cours, chacun durant 36 mois, sont opérationnels : un cours intitulé &laqno; Diplôme de lauréat en Economie et Commerce » (qui compte environ 120 étudiants) et un autre &laqno; Informatique de base » (avec 40 étudiants). Dans un futur proche, le CUD changera ses activités de manière à se concentrer sur la mise au point des cours préparatoires à l'université.

La seconde expérience universitaire dans le domaine de l'EAD est le Consorzio Net.t.un.o. Le modèle organisationnel et structurel adopté dans ce cas précis est aussi un consortium groupant des universités traditionnelles et des entreprises. Son système d'enseignement et d'apprentissage est basé sur un usage étendu des systèmes de communication déjà accessibles au grand public à des prix abordables, en particulier la télévision.

Le &laqno; Consorzio », fondé en 1992, consistait à l'origine en 3 universités et 5 entreprises. En l'espace de 3 ans, les universités sont passées au nombre de 24 : Politecnico di Bari, Politecnico di Milano, Politecnico di Torino, Università de L'Aquilla, Bologna, Camerino, Cassino, Firenze, Genova, Lecce, Milano, Modena, Napoli "Federico II", la Seconda Università di Napoli, Padova, Parma, Pisa, Roma Tor Vergata, Salerno, Siena, Torino, Trento, Trieste, Viterbo "La Tuscia". Les entreprises qui font partie du consortium sont : Telecom Italia, IRI, RAI, Confindustria. Au cours des années académiques 92-93, 93-94 et 94-95, des cours furent diffusés par le biais de la vidéoconférence.

La stratégie du Consorzio Net.t.un.o. est différente de celle du CUD, car celui-ci a adopté une structure décentralisée, dans laquelle la production de cours est confiée à des membres universitaires du consortium. Le contrôle et la coordination sont toutefois centralisés. Les données relatives à l'inscription au cours indiquent que cette stratégie porte ses fruits. En l'espace de 4 ans, le nombre d'étudiants inscrits aux cours a augmenté : pendant l'année scolaire 1993-1994, il était de 589, alors que durant l'année 1996-1997, il est passé à 2000. Approximativement 82 % des étudiants inscrits travaillent à temps plein et 50 % sont des étudiants qui renoncent au système d'éducation traditionnel.

Les cours en EAD sont dispensés aux employés des entreprises, en particulier les entreprises qui opèrent dans le domaine de la télécommunication, l'information, la technologie, l'électronique et qui sont géographiquement proches des universités qui font partie du consortium.

 

Cours post-universitaires à distance

La législation universitaire italienne prend en compte la possibilité d'établir des cours spécialisés post-universitaires dans des domaines de compétences spécifiques et dans des domaines professionnels. De tels cours, qui sont définis comme étant &laqno; les plus perfectionnés », sont permis par les autorités académiques, et sont instaurés par un décret rectoral. La qualification requise pour participer à ces cours est un diplôme de &laqno; lauréat » ou l'équivalent. Ces cours sont principalement suivis par des professeurs ou par de nouveaux diplômés qui projettent de se consacrer eux aussi à la profession d'enseignant.

La valeur professionnelle de ce certificat, obtenu à la fin des cours, est aussi exploitable par les professions légales. Le certificat est utilisé comme moyen de sélection pour les examens d'entrée dans le service public. Le certificat est d'une importance toute particulière pour les professeurs car il peut être utilisé comme argument pour postuler à un grade supérieur, en accord avec les autorités de l'Education. Une telle reconnaissance est à la discrétion de chaque autorité qui, chaque année scolaire, établit une liste de professionnels reconnus.

Le premier développement important dans ce secteur est le fruit du "Dipartimento di Scienze dell'Educazione dell'Universita degli Studi di Roma Tre". Au début des années 80, le Département recevait, provenant des écoles et d'autres organisations, de nombreuses demandes de cours permettant la mise à jour des connaissances des professeurs. Pour répondre à cette demande, durant l'année académique 1986-1987, le Département a décidé d'établir le premier cours d'EAD post-universitaire sur les "Metodi della valutazione scolastica" (méthodes d'évaluation scolaire). Dans les années qui ont suivi, fort de son succès, d'autres cours ont été ajoutés :

a) "Metodi della valutazione scolastica" (Méthode d'évaluation scolaire);

b) "Didattica generale e museale" (Didactique générale);

c) "Didattica dell'orientamento" (Didactique de l'orientation);

d) "Tecnologie per l'insegnamento" (Technologie de l'Education);

De plus, un cours a été mis sur pied dans la langue internationale Esperanto pour les enseignants passionnés d'expérimentation. Tous les cours post-universitaires ont une durée d'un an, tandis que le cours de &laqno; International Esperanto Language » dure deux ans.

Depuis l'année académique 1996-1997, quelque 20.000 personnes se sont inscrites dans des cours post-universitaires à distance. Pour l'année académique 1996-1997, le nombre total d'inscrits était de 2.316.

L'organisation des cours d'EAD se fait par envoi de documents et comprend aussi une rencontre avec le professeur durant l'année. L'examen final a lieu sur place.

La majorité des unités didactiques constituant les cours sont développées par des assistants d'université qui sont membres du conseil des professeurs. Ceci met en évidence le fait que les activités liées à l'EAD sont menées à bien par les assistants, tout comme cela est possible dans l'enseignement présentiel. A noter que l'institution fait parfois appel à de la main d'uvre extérieure pour bénéficier de son expertise par rapport à certaines matières.

L'évaluation des unités didactiques est assurée une fois par an à travers la distribution d'un questionnaire rempli par les étudiants. Tout au long des cours, les documents utilisés sont périodiquement vérifiés par le responsable, dans le but de mettre à jour le contenu des cours.

Dans l'établissement de cours d'EAD post-universitaires, l'importance fondamentale est donnée aux procédures qui visent, d'une part, à acquérir une structure de communication entre le cours et les étudiants et, d'autre part, à procurer des cours individualisés. De telles procédures sont caractérisées par leurs fonctions communes : soutenir l'apprentissage et augmenter la motivation. En bref, quatre activités qui découlent de ce domaine commun peuvent être identifiées :

1. la première consiste en la correction de tests, l'évaluation de chaque unité didactique et le feed-back qui en découle, le tout présenté sous forme de rapports individuels. Pour alléger cette charge de travail, comme par exemple les procédures de correction, et pour réduire l'intervalle de temps entre l'envoi des réponses et la réception des rapports et des notes, le département utilise un système de correction informatisé. Ce système permet d'envoyer automatiquement les corrections et les rapports individualisés ;

2. pour chaque cours, deux rencontres annuelles ont lieu. Ces rencontres, qui sont obligatoires, se tiennent à la moitié de l'année et à la fin des cours ;

3. la ligne téléphonique d'aide instaurée par le département permet aux étudiants soit de demander des informations et de l'assistance concernant les problèmes administratifs, soit d'obtenir des renseignements sur les cours. Dans le premier cas, les étudiants ont droit à deux communications par semaine avec le secrétaire du cours à condition qu'ils aient pris rendez-vous. A tout moment, les étudiants peuvent être mis en rapport (via le secrétaire) avec l'auteur du cours qui pourra régler des problèmes de contenu.

4. le service télématique permet aux étudiants d'entrer en contact avec le secrétaire du cours et d'envoyer les réponses aux examens par courrier électronique.

Les nouveaux cours de l'année académique 1997-1998 comprennent un cours post-universitaire d'EAD en &laqno; Education interculturelle ». Ce cours a été créé pour satisfaire la demande croissante d'études culturelles (demande liée, en partie, au besoin de gérer la croissance de la population immigrant en Italie).

L'usage expérimental d'Internet est mis en uvre pour suppléer les textes et les feed-back basés sur les exercices donnés au cours. Cette expérience est menée en collaboration avec le "Dipartimento di Elettronica della Facoltà di Ingeneria dell'Università degli Studi di Roma Tre".

Dans le domaine des cours d'EAD post-universitaires, il existe une autre institution : le FOR.COM. (FORmazione per la COMunicazione ­ Consortium inter-universitaire, fondé et soutenu par l'Université de Rome "La Sapienza"). Le FOR.COM. est un autre consortium universitaire. Les membres de ce consortium sont : l'Università degli Studi de Turin, l'Università degli Studi de Macerata, le Southampton Institute of Higher Education, le CIRPS (Centro Inter-universitario di Ricerca per i Paesi in Via di Sviluppo), les Centro Inter-universitario di Teoria e Storia dei Generi Letterari (Centre Inter-universitaire, situé à l'Università di Roma "La Sapienza" ), l'Université polytechnique de Tirana, l'Université de la Savoie avec le CEFI-CNRS.

 

Les cours proposés par le FOR.COM. comprennent :

En tout, les structures didactiques en éducation et en formation du FOR.COM fournissent environ 90 cours qui couvrent un grand nombre de sujets : l'économie, le droit, la pédagogie, la psychologie et les technologies de l'information, pour en citer quelques-uns. Durant l'année académique 1996-1997, le nombre total d'étudiants inscrits était environ de 3.000.

Tous les cours du FOR.COM. comprennent un examen d'entrée effectué par la poste et une série d'unités didactiques. Les unités se mettent en place conjointement et durent une période d'un mois. Au début de chaque période, ceux qui se sont inscrits reçoivent un dossier qui contient les textes des cours et les exercices, les feuilles d'examens, les indications sur les exigences des cours et d'éventuelles informations de nature administrative. Les étudiants inscrits au cours envoient leurs examens ou exercices tous les quinze jours, et après que les professeurs les aient corrigés, ils reçoivent une lettre personnelle avec les corrections. A la fin du cours, il y a un examen final.

Les cours post-universitaires sont structurés en cycles. Ceux-ci sont organisés pour offrir aux étudiants 18 heures de théorie, 6 heures d'activités pratiques, 6 heures d'exercices, ce qui fait un total de 240 heures pour une année de cours et 480 heures pour deux années.

 

Les étudiants, en plus de recevoir les corrections de leurs cours, peuvent bénéficier :

En 1996, l'Università di Tor Vergata en association avec le Consorzio B.A.I.C.R. (Biblioteche e Archivi Istituti Culturali di Roma) a également instauré 5 cours post-universitaires d'EAD spécifiques à la profession d'enseignant. Le projet a eu beaucoup de succès, obtenant environ 1.200 inscriptions. Durant l'année académique 1997-1998, ce nombre de cours est passé à 12. Ces cours couvrent des thèmes inhérents à l'enseignement et différentes disciplines didactiques (géographie, histoire, musique, langue italienne, ).

Le cours contient 8 unités d'enseignement qui sont envoyées aux étudiants par la poste. Celles-ci comprennent à la fois un contenu théorique axé sur la connaissance et des tests que les étudiants doivent compléter et renvoyer à l'institution qui administre les cours. Une fois les tests corrigés, les étudiants reçoivent des lettres personnelles avec les corrections. La possibilité de téléphoner ou d'être assisté de manière télématique est proposée via un site Web particulier.

 

EAD dans la structure classique des cours

Outre les projets qui offrent la possibilité de s'inscrire à des cours donnés exclusivement à distance, des facilités commencent à être mises sur pied pour permettre aux étudiants de bénéficier de l'EAD pour certaines parties de cours à large diffusion.

Une des premières expérimentations dans ce domaine a été faite durant l'année académique 1993-1994 à la "Facoltà di Magistero dell'Università de Genes", en collaboration avec le "Dipartimento di Scienze dell'Educazione dell'Università degli Studi di Roma Tre". La collaboration entre les deux universités et le choix d'un modèle d'EAD ont permis la création d'un cours en &laqno; Docimologie » (Evaluation) - un sujet fondamental des sciences de l'éducation - alors qu'aucune chaire universitaire n'existait auparavant pour cette branche.

Un second sujet dans ce secteur est celui développé, durant l'année académique 1996-1997, par le "Dipartimento di Sociologia dell'Università degli Studi de Milan" et par le CTU ("Centro di Tecnologie per l'Apprendimento Università degli Studi di Milano"). Les étudiants avaient la possibilité de fréquenter le cours présentiel de &laqno; Sociologie urbaine » mais un séminaire à distance en &laqno; Sociologie visuelle » était prévu.

EAD dans le domaine de la formation professionnelle en Italie

En Italie, l'EAD a eu très peu de succès dans le domaine de la formation professionnelle. Dans ce domaine, on peut toutefois distinguer deux participations : celle de l'Etat et celle du secteur privé.

 

Participation de l'état

La participation de l'Etat est régie par la loi no.845/1978, qui confie aux régions la responsabilité de financement et de gestion de la formation professionnelle. Cependant, les autorités régionales de l'Education n'ont pas établi, jusqu'à présent, de politique spécifique concernant l'EAD. Récemment, deux régions, l'Emilie-Romagne et la Toscane, ont entrepris quelques actions qui favorisent le développement de l'EAD.

La région d'Emilie-Romagne a créé en 1996 un comité (CERFAD) pour certifier le matériel didactique et les systèmes associés à l'EAD. Elle a élaboré un guide des critères de qualité et a publié un catalogue reprenant tout le matériel didactique qu'elle approuve.

Ce projet a aidé à stimuler la production du matériel didactique de qualité et la création de projets basés sur l'EAD. Un des projets les plus significatifs d'Emilie-Romagne est la création d'un &laqno; Centre de ressources » pour les multimédias et l'EAD. La structure de ce centre qui en peu de temps est devenu un pôle important pour les entreprises locales de formation, est constituée d'un bureau directeur à Bologne et d'un réseau régional de 9 bureaux, un pour chaque province (Bologna, Ferrara, Reggio-Emilia, Modena, Piacenza, Parma, Villa San Martino-Lugo di Ravenna, Cesena et Rimini). La gestion du centre de ressources a été confiée au Consorzio Sin.Form ("SINergie per la FORMazione") qui unit les plus importants établissements de formation de la région de l'Emilie-Romagne (AECA, ECAP, ENAIP, ENFAP et IAL). Les aspects tels que la planification et la gestion technique du réseau informatique sont la responsabilité du Trainet (qui fait partie du groupe STET-Telecom). Les neuf établissements de formation participent à la gestion et au déroulement du projet.

La direction de Bologne gère les aspects fonctionnels du système qui comprennent :

- la bibliothèque centrale (les archives des documents didactiques peuvent être utilisées sur le réseau) ;

- les archives générales qui contiennent les données concernant des étudiants ;

- le système mis en place pour les cours d'EAD (transmission des documents didactiques, coordination des données statistiques qui se rapportent à la participation des étudiants, gestion du courrier électronique entre les tuteurs et les étudiants, de la participation aux discussions de groupe et la gestion des tests structurés et non-structurés) ;

- le courrier électronique ayant pour but de gérer, sur le réseau, les conférences thématiques entre les différents bureaux régionaux.

 

Chaque bureau régional est équipé d'une salle multi-média (un serveur et 5 postes de travail) et est relié au Web.

L'Emilie-Romagne avec le Piémont, ainsi que la Toscane et la Lombardie, ont élaboré un modèle pour homologuer les cours d'EAD (Progetto Iperion) en vue de maîtriser les problèmes résultant d'un manque de procédures ayant fait l'unanimité, spécialement ceux liés à la comptabilité et à l'évaluation. Un accord entre la région d'Emilie-Romagne et l'ISFOL (Istituto per lo sviluppo della formazione professionale dei lavoratori) a été conclu pour collaborer dans l'échange des documents didactiques qui peuvent être utilisés pour les cours d'EAD.

En 1998, la région de Toscane a initié un projet pour le développement d'un système de télé-formation régional (Progetto T-Teleform) basé sur l'usage d'un réseau informatique et sur la création de bureaux didactiques régionaux (3 bureaux régionaux et 7 provinciaux). Jusqu'à ce jour, peu de projets expérimentaux ont été établis entre les entreprises et les universités en Toscane. Une collaboration a finalement été établie entre les régions de Toscane, Ombrie et Basilicata, pour développer des systèmes de télé-formation régionaux.

Jusqu'à présent, l'EAD a été utilisé dans le cadre de la formation professionnelle avec un renforcement dominant en ce qui concerne la formation des enseignants travaillant déjà. Début 1998, l'ISFOL, qui est une entreprise d'Etat et qui travaille en association avec le Ministère du Travail et les Régions dans le domaine de la formation professionnelle, a effectué une expérience sur l'usage de réseaux informatiques. Le but de cette expérience était de faire de la formation à distance avec des groupes d'enseignants appartenant à différents centres de formation et résidant dans différentes régions (Projet FAD-ISOL). A la fin de 1997, un total de 8 cycles d'activités dans lesquels 1.000 formateurs ont pris part, ont été accomplis par an. Pendant que l'ISFOL s'occupait du planning, gérait la supervision des cours et programmait l'évaluation, le Trainet s'occupait de la performance et de la gestion de la télématique et des systèmes d'information. L'ISFOL travaille actuellement sur un projet qui vise à mettre sur pied un cours de télématique à distance avec le soutien du Ministère du Travail et le support du Fond Social Européen. Le cours est destiné à tous les employés du système public de formation professionnelle (environ 17.000 personnes réparties à travers le pays).

Par l'usage de systèmes non-télématiques (séminaires, matériel didactique multimédia, cours par téléphone et aussi présentiels), la région de Sicile a créé en 1990, dans le système de formation professionnelle, un vaste programme d'EAD pour les formateurs (environ 500).

Depuis 1993, la région du Piémont, avec la structure du S.INF.O.D. ("Sistema INFormativo per l'Orientamento e la didattica"), a aussi initié des projets pour des formateurs à distance, spécialement dans le domaine du planning et du développement d'outils didactiques multimédias.

 

Participation privée

Les projets résultant d'un financement privé peuvent être divisés en deux catégories :

a) les projets qui sont destinés à la formation pour les examens et les activités professionnelles ;

b) les projets qui ont pour objectif les systèmes de formation en entreprise.

 

Pour la première catégorie, l'expérience la plus importante a été celle de la "Scuola Radio Elettra de Turin", un groupe privé qui travaille dans le monde d'EAD depuis 1951. Ses cours sont essentiellement des cours par correspondance, bien que des progrès aient été récemment réalisés dans l'usage des nouvelles technologies de la communication. Les cours actuellement disponibles sont de deux types :

a) ceux qui préparent les étudiants pour les examens attachés au diplôme scolaire 11-14 ans et 14-18 ans ;

b) ceux qui préparent les étudiants aux activités professionnelles spécialement dans le secteur de l'électronique.

 

Les cours sont basés surtout sur :

- l'envoi de documents didactiques et sur l'assemblage de pièces,

- l'accomplissement des exercices par les étudiants qui fournissent la preuve de la performance,

- le soin par les professeurs pour les corrections et leur habilité à communiquer aux étudiants leurs progrès dans leur apprentissage.

 

L'évaluation de l'apprentissage théorique et pratique est transmise à distance (par exemple, par des tests d'assemblage de pièces). Ces cours ont duré 6 à 9 mois et ont impliqué environ 10.000 étudiants. La "Scuola Radio Elettra de Turin" est aussi présente en France, via EURELEC qui est un établissement de formation qui agit dans le domaine de la formation continue. Depuis 1951 jusqu'à ce jour, plus de 500.000 personnes ont été formées à l'EAD par le biais de la "Scuola Radio Elettra de Turin".

Pour la seconde catégorie - les systèmes de formation en entreprises -, le besoin se fait sentir de faire appel aux systèmes de formation externes qui assurent la qualité des résultats didactiques et maîtrisent les frais supportés par l'entreprise. C'est pour cette raison qu'en 1980, il y a eu un grand boom dans les documents d'apprentissage gérés par ordinateur et basés sur un logiciel de formation dans le secteur des banques et des assurances. Cependant, vu l'absence totale de contrôle et d'aide aux utilisateurs, il est difficile de considérer ces expériences comme des exemples d'EAD. Pour les entreprises qui cherchent à assurer un support organisationnel et didactique de leurs étudiants, le cas est différent. Les expériences d'EAD en entreprises sont fortement marquées par des systèmes automatisés et des procédures avancées et par la faible présence des structures et des systèmes de soutien. Parmi les différentes expériences de ce type, on peut citer le Trainet en raison de la taille et de la complexité des technologies qui y sont utilisées.

Le Trainet (TRAIning NETwork) est une entreprise qui fait partie du groupe STET-Telecom. Depuis 1992, elle a travaillé dans le secteur du développement de produits et de services pour l'apprentissage à distance. Le Trainet utilise beaucoup l'EAD pour les employés de Telecom Italia (plus de 180 cours qui vont d'un mois minimum à deux ans maximum ; 63.000 étudiants ; 3.000 lieux de travail). Durant ces dernières années, elle a aussi offert ses produits et services pour l'EAD à d'autres clients nationaux et internationaux (par exemple, ISFOL et Telecom Argentina). A présent, pour la gestion de ses cours d'EAD, le Trainet utilise le système Hypercom qui permet :

a) la distribution automatique et l'installation de logiciels pour l'apprentissage dans des bureaux périphériques ;

b) la création, la distribution et la formulation de questionnaires et de tests pour évaluer la performance des apprenants ;

c) l'exécution et l'étude de données statistiques concernant les différents progiciels envoyés.

Par ailleurs, Hypercom utilise le système du courrier électronique "first class" qui offre différentes fonctions, allant du courrier électronique aux lignes de conférence, en passant par la gestion de systèmes de "chating".